Chambre Syndicale des Cochers Chauffeurs CGT-Taxis
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08/10/2018 Quand l’économie prétendument sociale se fourvoie avec l’Uber-capitalisme

Comment un assureur qui se revendique militant et issu du secteur mutualiste peut-il favoriser le développement de l’activité d’une entreprise prédatrice qui a démontré à tous les niveaux que seul le profit l’anime ? Comment une entreprise mutualiste peut se fourvoyer avec l’entreprise qui symbolise un capitalisme sans foi ni loi ? Ces questions restent pour l’instant sans réponse. Elles sont destinées à la MAIF, l’assureur « militant » si l’on veut bien croire ses nombreuses publicités. La MAIF via sa filiale de covoiturage KLAXIT a en effet passé un partenariat avec la multinationale UBER, dont les pratiques et les actionnaires sont très loin des valeurs de l’économie sociale. Ce choc des cultures signifie-t-il la fin des valeurs mutualistes à la MAIF ?

 

 

Mail envoyé aux dirigeants de la MAIF :

 

« Paris, le 21 septembre 2018

 

OBJET : partenariat MAIF-KLAXIT-UBER

 

 Monsieur le Président de la MAIF,

 

Monsieur le Directeur Général du Groupe MAIF,

 

Notre organisation, la Chambre Syndicale des Cochers Chauffeurs CGT-Taxis est un des plus anciens syndicats de France puisque nous sommes nés en 1884. Nous sommes un des syndicats fondateurs de la CGT au congrès de Limoges en 1895.

 

Sans revenir sur des périodes tragiques où plusieurs de nos militants sont allés jusqu’au sacrifice ultime pour défendre nos idées, nous pensons qu’en termes de militantisme notre organisation s’y connaît.

 

Nous avons également la prétention de connaître le milieu mutualiste dont vous êtes issus puisque vous devez savoir que ce sont 300 chauffeurs de taxi de notre syndicat Cochers Chauffeurs CGT-Taxis qui sont à l’origine de la création de la Mutuelle Fraternelle d’Assurance en 1930.

 

Nous sommes donc choqués de découvrir votre partenariat avec la société voyou UBER dans le cadre de votre filiale de covoiturage KLAXIT.

 

Comment un assureur qui se revendique militant et issu du secteur mutualiste peut-il favoriser le développement de l’activité d’une entreprise prédatrice qui a démontré à tous les niveaux que seul le profit l’animait ?

 

Cette société s’est en effet démarquée ces dernières années par sa volonté de ne pas respecter le droit des territoires où elles s’installent, de ne pas participer aussi bien aux systèmes de solidarités qu’à la fiscalité des États dans lesquels elle exerce et enfin, tout cela s’accompagne d’une exploitation éhontée de ses chauffeurs « partenaires ».

 

Cela nous semblait aujourd’hui connu de tous puisqu’il n’y a pas un mois sans que la presse mondiale se fasse l’écho d’une condamnation ou de scandales liés à cette société. Bien entendu, nous rajouterons à ces nombreux travers l’impact négatif qu’a eu l’activité de cette société sur l’activité du taxi en France, ce qui nous a amenés à bien connaître les pratiques de cette société.

 

Au vu de votre histoire et de vos valeurs mises en avant, nous nous interrogeons sur le processus amenant une telle décision et nous vous demandons de reconsidérer votre partenariat avec cette multinationale dont les valeurs sont aux antipodes de celles de la MAIF et de l’image que vous souhaitez transmettre. Si la volonté de limiter la pollution atmosphérique est noble de votre part, cela ne peut pas se faire au détriment des aspects humains, fiscaux et sociaux qui sont ouvertement méprisés par UBER.

 

Nous vous rappelons également que les 60 000 taxis de France sont à mêmes de vous fournir une prestation sur tout le territoire sans aucune comparaison avec cette société qui privilégie quelques grandes villes françaises au détriment de 90 % du territoire national.

 

Nous avertirons bien sûr la profession de vos décisions et selon votre orientation nous communiquerons sur votre vision de ce qu’est un assureur militant car il ne suffit pas de se revendiquer militant et de faire quelques actions pour être reconnu comme tel. C’est à notre avis, une volonté marquée, une décision de chaque jour, de chaque instant où l’on ne renie jamais ses valeurs et où l’on a le courage d’assumer ce en quoi l’on croit.

 

Nous sommes bien sûr à votre disposition pour en discuter.

 

Dans l’attente de votre réponse, Messieurs, nous vous transmettons nos salutations syndicales.

 

Pour la CSCC CGT-Taxis,

 

Un secrétaire : B. BELOUCIF »